NGT : sans transparence, pas de confiance

Ce mercredi, le Parlement européen se prononcera définitivement sur le règlement encadrant les Nouvelles Techniques Génomiques (NGT).

« Je voterai contre ce texte. Non pas que je sois particulièrement contre les nouvelles technologies mais bien parce qu’il me paraît évident que sans transparence, il ne peut jamais y avoir de confiance. Et là en l’occurrence, la transparence est totalement absente » annonce l’Eurodéputé et Président des Engagés Yvan Verougstraete.

« Les NGT constituent des technologies dont le potentiel mérite d’être exploré. Elles peuvent contribuer à développer des cultures plus résistantes aux maladies, mieux adaptées au changement climatique et moins dépendantes des pesticides. Mais ce potentiel ne peut se déployer que dans un cadre législatif clair et des garanties solides pour les citoyens, les agriculteurs et l’environnement. Ce n’est qu’à ces conditions que l’on pourra avoir un développement pérenne, positif et accepté de ces nouvelles technologies. » rajoute l’élu aussi en charge des question environnementales et de santé au Parlement européen.

Or, le texte ne répond pas suffisamment à ces exigences.

« Il ne prévoit toujours pas une traçabilité complète jusque dans l’assiette. Il n’apporte pas de réponse satisfaisante aux inquiétudes liées à la brevetabilité des plantes. Il ne permet pas davantage de garantir aux consommateurs une information suffisamment claire pour exercer pleinement leur liberté de choix » alerte-t-il.

« Nous ne rejetons pas les NGT. Nous refusons simplement que leur développement repose sur un affaiblissement des principes de transparence et de précaution. Si nous voulons que ces technologies soient acceptées par les citoyens, elles doivent s’accompagner de garanties solides pour les consommateurs, les agriculteurs et l’environnement » déclare Yvan Verougstraete, président des Engagés et député européen.

Le ministre wallon de la Santé et de l’Environnement Yves Coppieters abonde : « Il nous appartient, en tant que responsables publics, de ne jamais confondre innovation rapide et connaissance maîtrisée. L’histoire de la santé environnementale nous enseigne que les effets délétères des technologies nouvelles ne se révèlent pas toujours immédiatement – dans les sols, dans les écosystèmes, mais aussi dans les organismes humains. Notre responsabilité est d’exiger un cadre rigoureux, fondé sur l’évaluation, la transparence et le suivi dans la durée.

« Dans ce contexte, il est essentiel de rappeler une évidence trop souvent oubliée : des alternatives existent. L’agriculture biologique, qui repose sur des processus naturels et limite fortement le recours aux intrants chimiques comme aux organismes modifiés, est aujourd’hui une réalité structurée à l’échelle européenne. Elle représente déjà près de 11 % des surfaces agricoles de l’Union européenne et dépasse 12 % en Wallonie. »

« L’Europe a besoin d’innovation pour son agriculture. Mais elle a tout autant besoin de confiance. Lorsque des questions subsistent sur la traçabilité, les brevets ou l’information des consommateurs, notre responsabilité est de prendre le temps de construire un meilleur cadre plutôt que d’aller trop vite » conclut Yvan Verougstraete.

Porte-parole : Emmanuel Foulon – 0032 497 59 41 86