Beaucoup d’entre vous sont inquiets.
Vous avez le sentiment que nos enfants vivront moins bien que nous.
L’impression que nous avons de moins en moins de prise sur les événements.
La peur de voir disparaître des repères que vous pensiez acquis.
Cette inquiétude ne vient pas de nulle part.
Depuis près de vingt ans, nous passons d’une crise à l’autre : crise financière, crise sanitaire, crise énergétique, retour de la guerre sur notre continent, tensions commerciales, bouleversements technologiques…
À chaque fois, nous avons le sentiment de colmater les brèches sans jamais traiter les causes profondes.
Et au fil du temps, une question s’est imposée à moi :
« Comment se fait-il que nous ayons autant progressé technologiquement, tout en ayant parfois le sentiment collectif de perdre en maîtrise, en stabilité et en confiance dans l’avenir ? »
Je suis convaincu qu’une partie de la réponse réside dans le modèle économique qui a dominé ces dernières décennies.
Pendant trop longtemps, nous avons considéré que la croissance était un objectif en soi, que la compétition était forcément bénéfique et que le progrès technologique finirait naturellement par se transformer en progrès humain.
L’expérience nous montre que ce n’est pas automatique.
Je suis convaincu que nous devons désormais tourner la page du néo-libéralisme.
Non pas pour revenir aux recettes du passé ou pour opposer l’Etat au marché.
Mais pour construire une économie qui retrouve un cap.
- Une économie où la liberté reste essentielle, mais où elle est mise au service d’une finalité plus grande.
- Une économie qui protège davantage ce qui fait sens pour notre société.
- Une économie où les entreprises qui respectent les normes sociales, sanitaires et environnementales les plus ambitieuses ne sont plus désavantagées face à celles qui contournent les règles.
- Une économie qui récompense davantage ceux qui créent de la valeur durable que ceux qui exploitent les failles du système.
- Une économie qui transforme le progrès technologique en progrès de bien-être.
- Une économie qui nous permet de retrouver davantage de souveraineté, de liberté de choix et de maîtrise de notre destin.
C’est cette vision que j’appelle la télo-économie.
« Télos » signifie la finalité, le sens. Pour une économie qui fait sens.
Parce que la liberté n’est pas une fin en soi. Elle est un moyen.
Un moyen de construire une société plus prospère, plus juste, plus durable et plus humaine.
Au fond, la question n’est pas seulement de savoir comment produire plus.
La question est de savoir au service de quoi nous produisons.
Après les Trente Glorieuses.
Après le mirage de la mondialisation heureuse.
Après l’âge des crises perpétuelles.
Il est temps d’entrer dans l’ère du sens.
La loi de l’effort, oui.
La loi du plus fort, non.
Yvan Verougstraete – Président Les Engagés