Paquet européen sur la souveraineté technologique et l’intelligence artificielle.

L’Europe doit retrouver la maîtrise de son destin technologique. 

Alors que la Commission européenne doit présenter ce mercredi son très attendu paquet sur la souveraineté technologique, incluant notamment le futur Cloud and AI Development Act, le Chips Act 2.0 et plusieurs initiatives stratégiques liées aux infrastructures numériques, à l’intelligence artificielle et l’énergie, l’eurodéputé Yvan Verougstraete appelle l’Union européenne à faire de cette séquence un véritable tournant pour son indépendance technologique.

L’annonce de nouveaux projets européens est accueillie favorablement par la ministre de l’Action et de la Modernisation publiques, chargée du Numérique, Vanessa Matz, qui fait de la souveraineté numérique une priorité au niveau fédéral. La Belgique s’inscrit d’ailleurs dans de différentes initiatives européennes visant a renforcer son autonomie.

« L’intelligence artificielle, les semi-conducteurs, les infrastructures cloud ou encore les technologies quantiques ne sont plus uniquement des enjeux économiques. Ce sont désormais des enjeux de souveraineté, de sécurité, de résilience et de liberté de choix pour nos démocraties », soulignent les deux élus.

Pour l’Eurodéputé, l’Europe doit sortir d’une forme de naïveté stratégique face à l’accélération de la compétition mondiale.

« Les États-Unis investissent massivement. La Chine planifie sur plusieurs décennies. Pendant ce temps, l’Europe ne peut plus se contenter d’être un immense marché ouvert aux innovations des autres. Nous devons retrouver la capacité de développer, produire et maîtriser les technologies qui détermineront notre avenir. »

Verougstraete et Matz insistent toutefois sur le fait que la souveraineté technologique ne doit pas être confondue avec une logique de repli.

« La souveraineté ne signifie pas l’autarcie ou l’isolement. Nous savons parfaitement que nous ne supprimerons pas toutes nos dépendances. En revanche, nous devons être capables d’agir sur les goulots d’étranglement stratégiques qui conditionnent notre liberté d’action et notre sécurité. Il s’agit de maîtriser ses données, ses infrastructures critiques et ses choix technologiques, sans dépendances susceptibles de compromettre ses intérêts stratégiques. »

Parmi les attentes fortes exprimées figure la révision du Chips Act.

« Les semi-conducteurs sont partout : dans nos téléphones, nos voitures, nos hôpitaux, nos infrastructures critiques, nos systèmes de défense. Le prochain Chips Act doit tirer les leçons des limites du dispositif actuel et permettre à l’Europe de renforcer concrètement sa capacité industrielle. »

Les deux élus Engagés appellent également à mieux protéger et soutenir les champions européens existants.

« Nous avons des fleurons mondiaux comme Imec ou ASML. Nous devons les défendre et leur permettre de continuer à innover. Mais nous ne pouvons pas vivre uniquement sur nos acquis. La compétition mondiale s’accélère et nous devons investir davantage dans les technologies de demain. »

Pour les deux élus, l’un des enjeux majeurs du paquet sera également la question des capacités de calcul et des infrastructures nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.

« L’IA avance à une vitesse vertigineuse. Si nous ne développons pas rapidement davantage de capacités de calcul, de centres de données et d’infrastructures stratégiques sur notre territoire, nous risquons non seulement d’accroître nos dépendances, mais aussi de voir partir ailleurs les entreprises innovantes et les futures licornes qui naissent aujourd’hui en Europe. »

Une candidature belge pour la création d’une AI Antenna, à l’initiative de la Ministre Matz, a été retenue dans le cadre du programme européen EuroHPC. Co-financée par la Commission européenne, et dans une étroite collaboration interfédérale, l’antenne sera mise en place dans les mois à venir et mettra des capacités de calculs avancées à disposition de chercheurs, administrations en petites entreprises.

Enfin, nous attendons des avancées ambitieuses concernant les technologies quantiques, un domaine dans lequel l’Europe dispose encore d’atouts majeurs.

« Le quantique est probablement l’une des prochaines grandes révolutions technologiques. L’Europe possède encore des centres de recherche de premier plan et un véritable potentiel de leadership. Nous devons transformer cet avantage scientifique en avantage industriel avant qu’il ne soit trop tard. »

L’objectif dépasse largement la seule question économique.

« Derrière la souveraineté technologique, il y a une question fondamentale : voulons-nous encore être capables de fixer nos propres règles, défendre nos propres valeurs et choisir notre propre avenir ? Si la réponse est oui, alors l’Europe doit se donner les moyens d’agir maintenant. » concluent la Ministre fédérale et le Président des Engagés.

 

 

Emmanuel Foulon – Porte-parole Y. Verougstraete – 0497 59 41 86

Bart Tierens – Porte-parole V. Matz – 0494 48 85 71