« En pratique, le débat derrière cette législation, c’est de savoir si on accepte encore que des actifs stratégiques européens puissent passer sous contrôle étranger sans véritable regard géopolitique. Ce texte est donc un tournant politique clair : l’Europe reconnaît enfin que les investissements étrangers ne sont pas neutres et constituent des enjeux de puissance et de dépendance. »
Concrétement, la question se pose si, par exemple une entreprise étrangère rachète un opérateur de réseau électrique ou gazier européen ; que faire si une plateforme ou une entreprise détient des données sensibles sur des citoyens européens.
La réforme concerne aussi les investissements dans des secteurs stratégiques comme :
• les réseaux énergétiques,
• les ports et infrastructures logistiques,
• les semi-conducteurs et l’intelligence artificielle,
• les technologies duales, civiles mais potentiellement militaires,
Le texte prévoit de renforcer la coopération entre États membres et Commission européenne, d’harmoniser les mécanismes nationaux de contrôle et d’étendre l’analyse des risques à un ensemble plus large de secteurs sensibles.
Pour Yvan Verougstraete, cette évolution constitue un changement politique majeur : « Les crises récentes, du Covid à la guerre en Ukraine, ont montré à quel point l’Europe pouvait devenir vulnérable lorsqu’elle perd le contrôle de ses infrastructures, de ses technologies ou de ses chaînes d’approvisionnement critiques. »
L’eurodéputé estime que cette réforme marque une étape importante vers une véritable doctrine européenne de sécurité économique.
« Le prochain pas sera la loi sur l’accélérateur industriel, qui permettra à l’Europe d’aller plus loin dans la protection de certains secteurs stratégiques comme les batteries, les matières premières critiques, le solaire ou l’automobile. Lorsqu’un acteur étranger domine déjà massivement un marché mondial, l’Union doit pouvoir imposer des conditions strictes, voire bloquer certains investissements s’ils risquent d’accroître nos dépendances ou de fragiliser nos chaînes de valeur européennes. »
« L’enjeu n’est pas de fermer l’Europe. L’enjeu est de ne plus être naïfs. Nous devons rester ouverts aux investissements, mais capables de protéger nos intérêts stratégiques lorsque ceux-ci sont menacés. »
Yvan Verougstraete appelle également l’Union européenne à assurer une cohérence entre ses différents instruments économiques, commerciaux et industriels.
« On ne peut pas parler de souveraineté européenne tout en laissant des actifs stratégiques passer sous contrôle étranger sans véritable regard géopolitique. L’Europe doit rester une économie ouverte, mais elle ne peut plus être une économie désarmée. La souveraineté, c’est être capable de décider ce que l’on peut faire ou pas ; c’est rester maître de sa destinée » conclut-il.
Porte-parole : Emmanuel Foulon – 0032 497 59 41 86