Ces dernières années, plusieurs audits européens ont mis en évidence des failles importantes dans les systèmes de contrôle brésiliens, notamment concernant l’utilisation de substances interdites dans l’Union européenne, comme l’œstradiol 17β dans la viande bovine. La Commission européenne a elle-même reconnu que de la viande issue d’animaux traités avec cette hormone avait pu atteindre le marché européen.
Dans ce contexte, la décision européenne de durcir sa position vis-à-vis du Brésil est jugée nécessaire. Elle intervient alors que plusieurs États membres poussent déjà pour une application provisoire de l’accord Mercosur, tandis que le texte est encore en cours d’examen juridique au niveau européen.
« Cette décision va dans le bon sens. Mais elle devrait surtout faire réfléchir ceux qui appliquent depuis le 1er mai le Mercosur à titre provisoire alors même que l’accord est encore en cours d’examen juridique. Quand des failles de contrôle aussi sérieuses existent encore, la priorité devrait être de renforcer les garanties, pas d’accélérer la mise en œuvre de l’accord », déclare Yvan Verougstraete.
Pour l’eurodéputé, le débat dépasse largement le seul cas brésilien. Il pose une question de cohérence politique et de justice pour les producteurs européens.
« Nos agriculteurs respectent des normes sanitaires, environnementales et sociales parmi les plus strictes au monde. Nous leur demandons des efforts considérables, et c’est normal. Mais alors il est impensable d’accepter sur notre marché des produits qui ne respectent pas ces mêmes exigences », poursuit-il.
Yvan Verougstraete rappelle que l’Union européenne ne peut pas défendre simultanément des standards élevés pour ses producteurs et fermer les yeux sur les conditions de production des biens importés.
« Le principe doit être simple : si vous voulez exporter vers l’Europe, vous respectez les règles européennes. Même normes, mêmes contrôles, mêmes exigences. Sinon, ce n’est plus du libre-échange, c’est du dumping. Nous ne sommes pas contre les accords commerciaux, nous sommes juste contre ceux qui sont déséquilibrés et qui ne respectent ni nos règles ni nos principes. »
Alors que le débat autour du Mercosur continue de diviser les États membres et le Parlement européen, Yvan Verougstraete appelle la Commission à renforcer considérablement les mécanismes de contrôle, de traçabilité et de réciprocité avant toute avancée supplémentaire.
« L’Europe doit protéger ses citoyens, soutenir ses agriculteurs et défendre ses standards. Pas organiser une concurrence déloyale contre ceux qui produisent déjà selon les règles les plus exigeantes au monde. »
Porte-parole : Emmanuel Foulon – 0032 497 59 41 86