New Energy Deal : Yvan Verougstraete et Jean-Luc Crucke appellent Ursula von der Leyen à franchir une nouvelle étape pour la souveraineté énergétique de l’Europe

Il y a quelques mois, Les Engagés lançaient l’idée d’un New Energy Deal européen, avec une conviction simple : au XXIe siècle, la sécurité énergétique est devenue un enjeu stratégique au même titre que la défense.

 

Depuis, le débat a évolué. Plusieurs États membres ont repris cette analyse et la Commission européenne a ouvert une première flexibilité budgétaire afin de soutenir les investissements qui réduisent structurellement la dépendance aux combustibles fossiles.

Pour Yvan Verougstraete, Président des Engagés et député européen, et Jean-Luc Crucke, ministre fédéral du Climat et de la Transition environnementale, cette évolution constitue une avancée importante. Mais elle ne permettra pas, à elle seule, de répondre à l’ampleur du défi.

C’est pourquoi ils adressent aujourd’hui une lettre à la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ainsi qu’au Commissaire Jorgensen, afin de les inviter à franchir une nouvelle étape en lançant un véritable New Energy Deal européen.

Pour les deux responsables politiques, le New Energy Deal doit devenir le pendant énergétique de l’effort stratégique que l’Union européenne a engagé pour renforcer sa défense. Son objectif est de mobiliser massivement les investissements publics et privés nécessaires pour garantir l’indépendance énergétique de l’Europe, renforcer sa compétitivité, accroître la résilience de ses territoires, adapter ses infrastructures énergétiques aux nouvelles réalités climatiques et poursuivre les objectifs climatiques de l’Union.

« La Commission européenne a commencé à reconnaître que notre sécurité énergétique mérite un traitement stratégique. C’est une première étape importante. Mais lorsque l’Europe est confrontée à un défi existentiel, elle ne peut pas se contenter de demi-mesures. Nous devons désormais changer d’échelle », déclare Yvan Verougstraete.

Chaque année, l’Union européenne dépense près de 340 milliards d’euros pour importer des énergies fossiles.

« Nous continuons à financer notre dépendance alors que cet argent devrait être investi dans notre souveraineté, notre industrie, nos infrastructures et nos emplois. L’énergie n’est plus seulement une politique sectorielle. Elle est devenue l’une des conditions de notre puissance économique et de notre autonomie stratégique », poursuit-il.

Pour Jean-Luc Crucke, cette évolution est indispensable si l’on veut permettre aux États membres d’accélérer concrètement les investissements.

« Comme ministre du Climat, je mesure chaque jour l’ampleur des investissements nécessaires pour moderniser nos réseaux, accélérer l’électrification, développer le stockage de l’énergie, renforcer la production d’énergie décarbonée et adapter nos infrastructures énergétiques aux nouvelles réalités climatiques. Les États sont prêts à agir, mais ils ont besoin d’un cadre européen qui leur permette d’investir à la hauteur des enjeux. »

Dans leur lettre, Yvan Verougstraete et Jean-Luc Crucke proposent de poursuivre l’évolution engagée par la Commission en élargissant les capacités d’investissement consacrées aux infrastructures énergétiques stratégiques, y compris celles destinées à renforcer leur résilience face aux conséquences du changement climatique.

Ils plaident également pour la création de fonds souverains énergétiques ou de véhicules d’investissement dédiés, au niveau européen ou national, bénéficiant d’un traitement budgétaire et comptable adapté à leur vocation d’investissement de long terme.

Enfin, ils souhaitent renforcer la mobilisation des capitaux privés autour d’un cadre européen stable, prévisible et attractif.

Pour les deux responsables, l’Union européenne devrait se fixer l’objectif de mobiliser au moins 400 milliards d’euros supplémentaires par an d’investissements publics et privés afin d’accélérer son indépendance énergétique et de préparer durablement son économie aux défis industriels, climatiques et géopolitiques.

« Les finances publiques ne pourront jamais financer seules cette transformation. En revanche, elles peuvent créer les conditions qui permettront de mobiliser massivement les investissements privés. C’est tout le sens du New Energy Deal : utiliser intelligemment l’argent public pour déclencher un changement d’échelle de l’investissement européen », explique Yvan Verougstraete.

Jean-Luc Crucke insiste également sur la nature de ces investissements.

« Il ne s’agit pas de financer davantage de dépenses de fonctionnement. Il s’agit d’investir dans des infrastructures qui produiront de la valeur pendant plusieurs décennies, réduiront durablement notre dépendance aux énergies fossiles importées, renforceront la résilience de nos territoires et prépareront nos infrastructures aux défis climatiques à venir. Ce sont des investissements utiles pour les générations futures. »

Pour les deux responsables, le choix est désormais clair.

« L’Europe a su adapter ses instruments lorsqu’il s’est agi de renforcer sa défense. Elle doit aujourd’hui faire preuve de la même ambition pour son indépendance énergétique. Chaque euro investi dans notre souveraineté énergétique est un euro investi dans notre prospérité, notre compétitivité, notre résilience et notre liberté d’action. Voilà l’ambition du New Energy Deal. »

 

Porte-parole : Emmanuel Foulon – +32 497 59 41 86