Alors que la Commission européenne doit d’ici peu tenir un débat d’orientation stratégique sur les relations commerciales avec la Chine, cinq États membres (la France, l’Italie, l’Espagne, les Pays-Bas et la Lituanie) appellent l’Union européenne à renforcer fortement ses instruments de défense commerciale face aux pratiques déloyales qui fragilisent l’industrie européenne.
Pour notre eurodéputé Yvan Verougstraete : « la Belgique doit clairement soutenir cette initiative. »
Une prise de conscience nationale…
En Belgique, le gouvernement fédéral a présenté ce matin le plan “E-commerce PLUS”, qui vise à protéger les consommateurs, renforcer les contrôles et rétablir une concurrence plus équitable face aux plateformes extra-européennes. « Les alertes lancées depuis plusieurs mois commencent à être intégrées dans l’action publique » se réjouit Yvan Verougstraete à l’origine entre autres des auditions de Shein et Ali Express au Parlement européen.
« Cette décision confirme que les enjeux liés à l’explosion des importations de petits colis en provenance de Chine et au développement de plateformes de e-commerce massives ne sont plus théoriques : ils sont désormais identifiés comme un problème économique concret ».
« La proposition de plusieurs gouvernements européens de durcir notre défense commerciale face aux pratiques déloyales, notamment chinoises, est une excellente nouvelle et elle tombe à point. La Belgique se doit d’en être », rajoute notre président.
… et européenne
« Ce qui est en train de changer à Bruxelles est fondamental. L’Europe commence enfin à comprendre que le commerce n’est pas uniquement une question de prix, mais aussi de souveraineté, de résilience industrielle et de sécurité économique », déclare-t-il.
La proposition des cinq Etats européens marque une évolution importante de la doctrine européenne en matière commerciale
« Dans leur document, les cinq pays dressent un constat particulièrement alarmant : dumping massif, surcapacités industrielles soutenues par des États étrangers, contournement des règles commerciales, concurrence faussée et dépendances stratégiques ont contribué à la perte d’un million d’emplois industriels en Europe entre 2019 et 2025 », analyse notre député européen.
Les signataires demandent notamment :
– un renforcement des instruments antidumping et antisubventions ;
– davantage de moyens pour les services européens chargés des enquêtes commerciales ;
– une lutte plus efficace contre les contournements des sanctions commerciales ;
– une utilisation plus offensive des outils de sauvegarde ;
– et surtout, une meilleure intégration de la notion de sécurité économique dans la politique commerciale européenne.
« Pendant trop longtemps, l’Europe a cru que l’ouverture suffisait à garantir l’équité. Pendant ce temps, d’autres puissances protégeaient massivement leurs industries, subventionnaient leurs entreprises et utilisaient le commerce comme un instrument géopolitique », poursuit-il.
Garantir des règles du jeu équitables
Notre eurodéputé souligne que l’enjeu n’est pas de fermer l’économie européenne, mais de garantir des règles du jeu équitables et de préserver les capacités industrielles stratégiques de l’Union.
« L’Europe doit rester ouverte, innovante et attractive. Mais elle ne peut plus être naïve face à des acteurs qui ne jouent pas selon les mêmes règles. Lorsque des dépendances stratégiques menacent notre souveraineté industrielle, notre sécurité économique ou nos chaînes de valeur critiques, nous devons être capables de réagir », affirme-t-il.
Yvan Verougstraete appelle dès lors le gouvernement belge à soutenir explicitement cette dynamique européenne et à participer activement à la construction d’une véritable doctrine européenne de défense économique.
« La Belgique doit être au rendez-vous de ce réveil européen », conclut-il.