Derrière la crise d’Ormuz, une menace très concrète pour votre facture de chauffage

Donald Trump promettait de ramener la stabilité au Moyen-Orient en un temps record. Beaucoup ont voulu croire à cette démonstration de force. La réalité est tout autre.

Les semaines passent, les tensions persistent et les revirements s’enchaînent. Un jour, il annonce contrôler la situation dans le détroit d’Ormuz. Le lendemain, il menace d’imposer un droit de passage. Puis il fait marche arrière.

À force d’annonces contradictoires, une seule chose devient prévisible : l’instabilité.

Et cette instabilité a un coût bien réel. Chaque nouvelle crise fait grimper les prix de l’énergie, complique le remplissage des réserves de gaz européennes et augmente le risque de voir nos factures de chauffage s’envoler cet hiver.

Pendant que certains dirigeants jouent avec les rapports de force, les citoyens européens, eux, risquent une nouvelle fois d’en payer le prix sur leur facture de chauffage.

Chaque crise internationale nous rappelle la même réalité : tant que l’Europe dépendra massivement des énergies fossiles importées, ce sont les ménages européens qui paieront le prix des tensions géopolitiques.

Les événements de ces derniers jours dans le détroit d’Ormuz en sont une nouvelle illustration. Qu’il s’agisse des menaces iraniennes de fermer ce passage stratégique, des revirements américains ou des tensions militaires dans la région, une chose est certaine : les marchés réagissent immédiatement. Les prix du pétrole remontent, ceux du gaz suivent, les assurances maritimes explosent et les cargaisons deviennent plus rares et plus coûteuses.

Or c’est précisément pendant l’été que l’Europe remplit normalement ses réserves de gaz en vue de l’hiver. Si ce gaz n’est pas acheté aujourd’hui à un prix raisonnable, il faudra le payer beaucoup plus cher lorsque le froid reviendra. Ce qui semble être une crise lointaine finira par se retrouver, dans quelques mois, sur les factures de chauffage des familles belges.

Le problème est plus profond qu’une crise ponctuelle. Il révèle une vulnérabilité structurelle de l’Europe.

Chaque fois qu’un conflit éclate au Moyen-Orient, qu’une route maritime est bloquée ou qu’une puissance étrangère décide de jouer avec les marchés de l’énergie, notre économie ralentit, notre industrie perd en compétitivité et le pouvoir d’achat des citoyens recule.

Nous ne pouvons plus accepter que notre prospérité dépende des décisions prises à Téhéran, à Washington ou ailleurs.

C’est précisément pour cette raison que je plaide depuis plusieurs mois pour un véritable New Energy Deal européen.

L’Europe doit investir massivement dans ses propres capacités de production d’énergie, dans les réseaux électriques, dans le stockage, dans les interconnexions, dans les batteries et dans toutes les technologies qui permettront de réduire durablement notre dépendance aux combustibles fossiles importés.

Ces investissements représentent un coût aujourd’hui, mais ils constituent surtout une assurance contre les crises de demain. Chaque euro investi dans notre indépendance énergétique est un euro qui ne sera plus versé demain à des régimes autoritaires ou à des marchés devenus incontrôlables.

L’indépendance énergétique n’est plus seulement une ambition climatique. Elle est devenue une nécessité économique, sociale et géopolitique.

Chaque hiver qui passe nous rappelle que le véritable prix de notre dépendance ne se mesure pas uniquement en milliards d’euros. Il se mesure aussi dans l’angoisse des familles qui redoutent d’ouvrir leur facture de chauffage.

L’Europe ne pourra pas empêcher toutes les crises du monde. En revanche, elle peut faire en sorte qu’elles cessent de dicter le montant que les Européens paient pour se chauffer.