Budget européen : « Face aux grandes puissances, l’Europe ne peut pas se permettre d’être faible »

« Ressources propres et revoir les coûts de fonctionnement des institutions plutôt que sacrifier la Politique Agricole Commune (PAC) et le Fonds européen de compétitivité. »

À l’approche du Conseil européen des 15 et 16 octobre, Yvan Verougstraete, Président des Engagés et eurodéputé Renew Europe, appelle les États membres à revoir leur approche du prochain cadre financier pluriannuel 2028-2034.

La proposition de la Présidence irlandaise de l’UE réduit de près de 8 % l’enveloppe prévue par la Commission européenne. Un choix que les contraintes budgétaires nationales peuvent expliquer, mais qui risque de priver l’Europe des moyens essentiels pour répondre aux défis qui s’accumulent.

« Nous vivons un moment où les grandes puissances défendent leurs intérêts sans hésiter, où les dépendances deviennent des armes et où la compétition industrielle et technologique s’intensifie. Dans ce monde, l’Europe doit se donner les moyens de défendre ses intérêts, de protéger ses citoyens et de préparer son avenir. Je sais que les budgets nationaux sont sous pression et que chaque dépense doit être justifiée. Mais c’est précisément dans ces moments que nous avons besoin d’une Europe forte, capable d’investir et d’agir ensemble. »

Première réponse : de nouvelles ressources propres européennes.

« Nous ne pouvons pas demander davantage à l’Europe tout en faisant reposer son financement presque exclusivement sur les contributions des États membres. Il faut diversifier ses recettes. Le Parlement propose notamment une contribution des grandes entreprises, une contribution sur les services numériques, un prélèvement sur les jeux et paris en ligne et une contribution liée aux plus-values sur les crypto-actifs. Il faut aussi avancer sur les ressources proposées par la Commission, notamment dans les domaines du carbone. C’est ainsi que nous pourrons financer nos priorités communes sans accentuer la pression sur les budgets nationaux. »

Deuxième impératif : ne pas sacrifier une souveraineté pour en financer une autre.

« Couper à la tronçonneuse dans la Politique agricole commune ou dans le Fonds européen pour la compétitivité serait une erreur stratégique. La PAC est indispensable à notre souveraineté alimentaire. Le Fonds pour la compétitivité doit nous permettre de reconquérir des capacités que nous avons perdues dans des domaines essentiels : l’énergie, le numérique, la défense, le spatial, la santé et les technologies. Nous avons besoin des deux. Opposer ces politiques, c’est organiser notre propre dépendance. »

Enfin, si des économies supplémentaires sont nécessaires, commençons par le fonctionnement des institutions européennes.

« Je préfère que nous interrogions nos frais de fonctionnement plutôt que de couper dans les investissements qui conditionnent notre avenir. L’Europe doit faire des choix, mais elle doit surtout se donner les moyens de ses ambitions. Dans le monde qui se dessine, notre faiblesse coûtera bien plus cher que notre capacité à agir ensemble. »

Porte-parole : Emmanuel Foulon – +32 497 59 41 86