« La contamination de laits infantiles commercialisés dans plusieurs États membres constitue un signal d’alarme majeur pour la sécurité alimentaire européenne. Lorsque la santé des nourrissons est en jeu, aucune approximation n’est acceptable.
La réponse de l’Europe doit être à la hauteur. C’est pour cela que j’interpelle officiellement la Commissaire européenne aujourd’hui et demande au Parlement européen l’organisation d’auditions des entreprises telles Nestlé, Lactalis, Danone notamment, mais aussi de la Commission européenne, afin de faire toute la lumière sur les dysfonctionnements constatés afin d’en tirer les leçons nécessaires » annonce notre président et eurodéputé Yvan Verougstraete.
Cette crise pose d’abord un problème évident de coordination. Dans un marché unique, il est inacceptable que chaque État membre réagisse à sa manière. La santé des nourrissons ne peut pas dépendre de 27 réponses différentes. Une action coordonnée, rapide et européenne est indispensable lorsque des produits circulent librement sur l’ensemble du territoire de l’Union.
La gestion de l’alerte soulève également de sérieuses questions. Il est incompréhensible qu’il ait fallu près de dix jours pour que Nestlé communique sur la contamination, puis encore plusieurs jours avant le retrait complet des lots concernés. La rapidité, la transparence et la clarté de l’information sont pourtant essentielles pour permettre aux autorités et aux familles de réagir à temps.
Cette affaire interroge plus largement la chaîne de production et d’approvisionnement. Des ingrédients entrant dans la composition de ces laits proviennent de pays hors Union européenne. Cela pose la question de l’efficacité des protocoles de test sur les matières premières, des mécanismes de suivi tout au long de la chaîne, et des moyens concrets d’éviter que des produits potentiellement dangereux n’atteignent le marché. Aucun système n’est infaillible, mais tout doit être mis en œuvre pour réduire au maximum les risques.
Enfin, l’absence jusqu’à présent de seuil réglementaire européen clair pour la toxine céréulide dans les laits infantiles interroge. Ce vide réglementaire a contribué à ralentir la réaction et à créer de l’incertitude au moment même où la clarté était indispensable.
« Il est nécessaire d’établir les responsabilités de chacun, mais surtout de tirer les leçons de ce scandale au niveau européen afin que cela ne se reproduise plus. »
« Je ne peux pas accepter que Nestlé se félicite de son système de contrôle et d’avoir détecté le problème alors que des produits dangereux pour nos bébés étaient déjà en rayon ou dans les biberons de centaines de milliers de familles. Aucun parent ne peut entendre cela » souligne l’Eurodéputé
« Au sein d’un marché unique, fondé sur la libre circulation des marchandises, une action coordonnée, au niveau européen, et rapide est indispensable. La protection des nourrissons doit être une priorité absolue pour l’Union européenne, partout et pour tous » conclut Yvan Verougstraete.