Il s’explique : « Un made in Europe, pour des produits non européens, l’objectif de porter l’industrie manufacturière à 20 % du PIB désormais fixé à 2035, des outils évoqués au départ ont disparu, comme l’obligation de constituer des stocks stratégiques ou le label pour l’acier vert. Ce ne sont pas de bons signaux, c’est le moins que l’on puisse dire…
À ce stade, le texte paraît déjà affaibli avant même le début des négociations. »
Préférence européenne, une occasion manquée
« La préférence européenne devait être le cœur politique du projet. C’était simple, quand l’argent public européen est utilisé, il doit soutenir en priorité la production européenne. Aujourd’hui, ce principe devient beaucoup moins clair. »
« La Commission élargit le Made in Europe à tous les pays tiers avec qui nous avons conclu des accords commerciaux, du Japon à la Colombie, sauf quelques exclusions. Autrement dit, un produit fabriqué hors de l’Union pourrait être traité comme un produit européen. » illustre l’Eurodéputé.
« La préférence européenne risque ainsi d’être diluée avant même d’avoir réellement existé. » rajoute-t-il.
« Plus préoccupant encore, un État pourra soutenir un producteur non européen si choisir une alternative européenne entraîne trop de retard ou un surcoût important. En clair, dès que la production européenne est plus lente ou plus chère, on pourra s’en passer. Ce n’est pas ainsi que l’on construit une base industrielle solide. »
Des avancées, mais trop ciblées
« Le texte durcit en revanche les règles sur certains investissements étrangers. Lorsqu’un État tiers contrôle une part très importante de la capacité mondiale dans des secteurs comme les batteries, les véhicules électriques, le solaire ou les matières premières critiques, l’investissement pourra être refusé ou strictement encadré, en forçant notamment 50% de la force de travail à être basée en Europe. »
« C’est un signal positif. Mais la liste des secteurs concernés est limitée. D’autres filières stratégiques pourraient devenir critiques demain sans être couvertes par ces règles. »
Cette logique doit être étendue au reste du texte : tout secteur soumis à une telle domination par un seul état doit faire l’objet d’une préférence européenne, afin de se défaire de ces dépendances. Nous sommes encore trop naïfs face à nos concurrents.
Conclusion
« Aujourd’hui, l’Europe est face à un choix simple. Soit nous assumons que l’argent public européen doit d’abord servir à renforcer notre production, nos technologies, nos emplois.
Soit nous continuons à ouvrir des exceptions, à multiplier les flexibilités, et à diluer nos propres priorités.
Le Industrial Acceleration Act ne peut pas devenir un texte de compromis permanent avant même d’être négocié. Si nous voulons être crédibles sur la souveraineté industrielle, la préférence européenne doit être réelle, concrète, et prioritaire »
Porte-parole : Emmanuel Foulon – 0032 497 59 41 86