Quand Washington commence à fixer le prix de nos médicaments, l’Europe doit réagir.
Les États-Unis viennent de convoquer l’Allemagne à Washington pour lui demander des comptes sur… le prix de ses médicaments.
Les États-Unis viennent de convoquer l’Allemagne à Washington pour lui demander des comptes sur… le prix de ses médicaments.
Derrière cette procédure commerciale américaine, le message est clair : selon Washington, les Européens ne paient pas assez cher leurs médicaments innovants et font donc supporter aux États-Unis une part excessive du financement de la recherche pharmaceutique.
L’Allemagne est la première visée. Mais ne nous trompons pas de sujet : ce qui se joue ici concerne toute l’Europe.
Oui, nous devons investir davantage dans notre industrie pharmaceutique. Oui, nous devons être capables de développer et produire en Europe les médicaments dont nous aurons besoin demain. Et oui, nous devons nous interroger sur les raisons pour lesquelles l’Europe perd du terrain face aux États-Unis et à la Chine.
Mais il y a une différence fondamentale entre décider de renforcer notre industrie et laisser Washington décider combien les Européens doivent payer leurs médicaments.L’Europe ne peut pas accepter que chaque fois que nous faisons un choix différent des États-Unis, celui-ci devienne le prétexte à une nouvelle menace tarifaire.
Et c’est aussi une leçon pour l’Allemagne.
Pendant des années, le modèle allemand a reposé sur une énergie bon marché, des exportations massives et un accès privilégié aux marchés chinois et américain. Ce modèle a formidablement fonctionné. Mais le monde a changé.
Aujourd’hui, l’Allemagne doit sortir de l’idée que les recettes du passé suffiront à garantir la prospérité de demain.
Face aux États-Unis et à la Chine, l’Europe doit apprendre à défendre ses intérêts, investir dans ses secteurs stratégiques et assumer ses choix.Cela vaut pour l’automobile. Pour l’énergie. Pour les semi-conducteurs. Pour les batteries. Et maintenant pour les médicaments.
Notre souveraineté ne consiste pas à produire tout nous-mêmes. Elle consiste à ne plus être contraints de choisir sous la menace de celui qui produit ailleurs.
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