« Ce qui est sur la table n’est pas une simple simplification administrative. C’est une remise en cause profonde du système européen d’autorisation des pesticides. Et c’est scandaleux. » rajoute l’élu européen membre de la commission environnement et santé.
Trois évolutions sont particulièrement préoccupantes.
D’abord, la possibilité d’autoriser certains pesticides sans limite de durée. Aujourd’hui, les autorisations sont limitées dans le temps afin de permettre leur réévaluation à la lumière des nouvelles connaissances scientifiques et des alternatives disponibles. Supprimer ce rendez-vous, c’est prendre le risque de transformer une autorisation en permis à vie.
« Une autorisation de pesticide ne peut pas être un chèque en blanc. La science progresse, notre connaissance s’affine, les alternatives évoluent. Il faut donc pouvoir réévaluer régulièrement ce que nous autorisons. »
Ensuite, l’assouplissement des règles permettant de déroger à l’interdiction de certains pesticides. Les critères sanitaires et environnementaux pourraient laisser davantage de place à des considérations de productivité agricole. Une évolution qui pourrait faciliter le retour de substances aujourd’hui interdites.
« Une dérogation doit rester une dérogation. Elle ne peut pas devenir la porte arrière par laquelle on réintroduit des substances que l’Europe a décidé d’interdire. »
Enfin, les nouvelles règles pourraient empêcher un État membre de conserver des règles plus strictes lorsqu’un pesticide bénéficie d’une dérogation dans un autre État membre.
« L’Europe doit harmoniser les règles, pas empêcher les États qui veulent mieux protéger leurs citoyens d’aller plus loin. »
Pour Yvan Verougstraete, membre de la commission Environnement et Santé publique du Parlement européen, ces évolutions ne sont pas anodines.
« Il nous faut soutenir les agriculteurs afin qu’ils puissent vendre à un prix correct, en les protégeant notamment contre les importations de produits fabriqués avec des pesticides néfastes, pas de les exposer à des dangers. »
« Cela fait 25 ans que l’Europe construit des règles pour encadrer les pesticides. Ces règles ne sont pas de la bureaucratie inutile : elles sont là parce que nous avons appris, parfois à nos dépens, que l’on ne peut pas prendre de risques avec la santé et l’environnement. »
Le député défend une ligne simple : « oui à la simplification des procédures, oui à l’accélération de l’accès aux alternatives plus sûres, mais non à la dérégulation des pesticides. Les garde-fous doivent rester fondés sur la science, le principe de précaution et une réévaluation régulière. »
« L’industrie agrochimique demande depuis longtemps de se libérer de certaines contraintes. Nous ne pouvons pas lui offrir, sous couvert de simplification, 25 ans de règles européennes sur un plateau. Simplifier, oui. Désarmer l’Europe face aux pesticides, non. » conclut Yvan Verougstraete.
Porte-parole : Emmanuel Foulon – 0032 497 59 41 86