L’Europe veut reconnaître le cyberharcèlement comme un acte de violence

« À l’heure où les violences en ligne explosent, en particulier chez les plus jeunes, l’Union européenne va mettre en place un plan d’action global contre le cyberharcèlement. Dans ce contexte, le Parlement européen se prononce cette semaine sur toute une série d’exigences que devrait contenir le texte final afin de renforcer la sécurité en ligne et protéger les mineurs ainsi que les publics les plus vulnérables. Parmi celles-ci, notamment une reconnaissance européenne claire du cyberharcèlement comme violence ; ou encore le fait de passer d’une logique de sensibilisation à une logique de responsabilité explicite des plateformes de leur contenus illégaux ou préjudiciables » clame Yvan Verougstraete, Eurodéputé Renew.

Contexte

« Le cyberharcèlement n’est pas un phénomène marginal. Il touche massivement les adolescents et les jeunes adultes, avec des conséquences graves sur la santé mentale, la scolarité et parfois la vie même des victimes. Messages haineux répétés, campagnes coordonnées, humiliations publiques ou menaces, ces violences numériques s’inscrivent désormais dans le quotidien de trop nombreux jeunes Européens » constate l’Eurodéputé.

Face à cette réalité, le Parlement européen entend jouer pleinement son rôle. Nous défendons une approche sur cinq axes majeurs.

Le Cyberharcèlement reconnu comme violence

Pour Yvan Verougstraete, eurodéputé, l’enjeu est clair. « Le cyberharcèlement n’est pas un simple dérapage en ligne. C’est une violence à part entière, avec une prise en compte des conséquences psychologiques, sociales et parfois physiques, pas comme un simple “mauvais usage d’internet”. L’Europe doit enfin le reconnaître comme tel et agir en conséquence. »

« Reconnaître politiquement le cyberharcèlement comme une forme de violence est essentiel. Nous plaidons pour une approche qui assume pleinement les dégâts psychologiques, sociaux et parfois physiques causés par ces pratiques, et qui les relie aux politiques européennes de santé mentale, de protection de l’enfance et de lutte contre les violences fondées sur le genre. »

La responsabilité des plateformes

« Les plateformes doivent être tenues responsables de leurs contenus illégaux ou préjudiciables » explique Yvan Verougstraete. Il faut sortir d’une logique purement déclarative pour aller vers une responsabilité réelle des plateformes.

Les campagnes de sensibilisation ne suffisent plus. Les grandes plateformes doivent être tenues de réagir rapidement aux signalements, de garantir des recours simples pour les victimes et de rendre des comptes lorsque leurs algorithmes amplifient des contenus toxiques.

Une approche centrée sur les victimes, pas sur les plateformes

Il faut replacer les victimes au centre des politiques publiques. Nous insistons, au niveau européen, sur le droit à l’accompagnement, psychologique et juridique, et sur la nécessité de dispositifs accessibles, en particulier pour les situations de cyberharcèlement collectif ou scolaire.

L’éducation numérique comme politique publique européenne

Le Parlement européen veut faire de l’éducation au numérique une véritable politique publique européenne. Le Parlement appelle à intégrer l’apprentissage du respect en ligne, la compréhension des mécanismes de viralité et la responsabilisation des témoins dans les politiques éducatives et de jeunesse à l’échelle de l’Union.

Donner une voix directe aux jeunes

Enfin, nous voulons donner une voix directe aux jeunes. Le Parlement souhaite que les enfants et les adolescents soient associés de manière structurée au suivi et à l’évaluation du plan d’action, afin que les réponses européennes soient fondées sur leur expérience réelle du monde numérique.

Conclusion

« Le Parlement européen veut envoyer un message clair : la violence ne s’arrête pas aux portes du monde numérique. L’Europe a le devoir de protéger celles et ceux qui y sont exposés, en particulier les plus jeunes.

Reconnaître le cyberharcèlement comme une violence, responsabiliser les plateformes et écouter la parole des victimes, c’est faire entrer l’Union européenne dans une nouvelle ère de protection et de justice en ligne. Une Europe qui ne détourne plus le regard, et qui choisit d’agir » conclut Yvan Verougstraete.

Porte-parole : Emmanuel Foulon – 0032 497 59 41 86