L’autorégulation ne protège personne

On nous répète depuis vingt ans que les multinationales vont s’autoréguler. Elles jurent qu’elles seront plus propres, plus transparentes, plus responsables. À chaque fois, c’est la même histoire. Une promesse, une campagne de communication, une charte volontaire et, derrière, des résultats inexistants.

Dans le plastique, les géants s’engagent sur des objectifs volontaires qu’ils abandonnent dès que cela commence à coûter trop cher.
Dans la fiscalité, ils promettent de payer leur juste part mais déplacent leur chiffre d’affaires où cela les arrange.
Dans l’IA, ils annoncent des principes éthiques pendant qu’ils contournent les règles au moindre manque de contrôle.

La vérité est simple.
L’autorégulation n’est pas un modèle, c’est une stratégie de relations publiques. Les multinationales s’autorégulent comme les loups gardent les moutons. Sans obligation, sans contrôle, sans sanctions, il ne se passe rien.

L’Europe ne peut plus perdre de temps avec de faux engagements. Elle doit imposer des règles claires, les faire respecter et sanctionner les tricheurs. Parce que protéger les citoyens n’est pas un slogan, c’est un devoir politique. Et parce que si nous ne fixons pas les règles, ce sont ceux qui profitent du vide qui les écrivent à notre place.