« Dire que tout le monde peut rester en Europe est un mensonge. Mais prétendre que l’on peut régler la question en externalisant nos responsabilités à des pays tiers l’est tout autant. »
Pour l’eurodéputé, l’objectif d’une politique de retour plus efficace est légitime, mais plusieurs dispositions du texte posent problème, en particulier la création de centres de retour en dehors de l’Union européenne.
Externaliser nos responsabilités
L’idée est simple, envoyer des personnes déboutées de l’asile dans des centres situés dans des pays tiers, parfois sans aucun lien avec elles, en attendant leur expulsion. « En clair, on exporterait notre politique migratoire loin des regards et loin des garanties juridiques européennes. Je ne peux pas l’accepter. »
« On parle de transferts vers des pays dits sûrs sans lien personnel avec les personnes concernées, de conditions d’accueil incertaines, d’un contrôle juridictionnel plus faible. Et, plus inquiétant encore, la possibilité d’y placer des enfants. »
« Revenir sur ces principes au niveau européen serait un recul moral. »
Au-delà des hubs de retour, le texte soulève d’autres préoccupations, notamment l’allongement possible de la détention administrative jusqu’à vingt-quatre mois, l’affaiblissement du caractère suspensif des recours ou encore l’extension de la collecte de données, y compris celles d’enfants dès six ans.
Crédibilité et responsabilité
« Oui, lorsque quelqu’un n’a pas le droit de rester en Europe, la décision doit être appliquée. Sans retours effectifs, notre politique d’asile perd toute crédibilité et devient injuste pour ceux qui ont réellement besoin de protection. »
Mais pour Yvan Verougstraete, cette crédibilité ne peut pas se construire au détriment des principes fondamentaux. « L’Europe doit être ferme, mais elle doit rester fidèle à ce qui la définit. Des retours effectifs, oui, mais dans le respect du droit, pas en sous-traitant nos responsabilités. »
Et de conclure :
« La facilité serait de déplacer le problème ailleurs. La responsabilité consiste à le gérer correctement, ici, en Europe. Fermeté et humanité ne s’opposent pas. Elles sont la condition l’une de l’autre » conclut Yvan Verougstraete, député européen et Président des Engagés.
Emmanuel Foulon – Porte-parole – 0032 497 59 41 86