Pour l’Eurodéputé Yvan Verougstraete, « les plateformes doivent enfin prendre leur part de responsabilité : les parents ne peuvent pas être seuls face à des services conçus pour capter l’attention des jeunes. L’Europe doit fixer un cadre commun et garantir une protection effective dans tous les États membres. »
« Les parents ne peuvent pas lutter seuls contre des plateformes dont les algorithmes sont conçus pour capter l’attention des enfants et les faire rester connectés. Nous devons changer de logique : les plateformes doivent démontrer que leurs services sont sûrs pour les enfants, plutôt que de laisser les familles porter seules la responsabilité de leur protection. » rajoute le Président des Engagés.
La proposition de la Commission prévoit notamment de fixer à 15 ans l’âge minimal pour ouvrir un compte autonome sur les réseaux sociaux, avec des comptes supervisés entre 13 et 15 ans, ainsi qu’une interdiction des comptes de réseaux sociaux pour les moins de 13 ans.
Pour Yvan Verougstraete, ces limites d’âge doivent toutefois s’accompagner d’une véritable responsabilisation des plateformes.
« Fixer un âge minimum est nécessaire, mais cela ne suffit pas. Un enfant de 15 ans reste un enfant. La protection doit être intégrée au produit lui-même : dans les recommandations, dans les contacts, dans les notifications et dans la manière dont le temps d’écran est encouragé. »
De la Belgique à l’Europe
La Belgique a déjà pris une longueur d’avance dans ce débat. La ministre fédérale du Numérique, Vanessa Matz, porte depuis plusieurs mois une ligne ambitieuse sur l’âge d’accès aux réseaux sociaux, la vérification de l’âge et la responsabilité des plateformes.
« Vanessa Matz a eu raison de mettre cette question au cœur du débat en Belgique. Il faut maintenant que cette ambition ne s’arrête pas à nos frontières. À nous, au Parlement européen, de construire des règles communes pour que tous les enfants européens bénéficient du même niveau de protection. »
La vérification de l’âge devra être à la fois fiable et respectueuse de la vie privée, afin de protéger les enfants sans multiplier la collecte de leurs données personnelles.
« Nous devons pouvoir vérifier l’âge sans créer un nouveau problème de surveillance numérique. Protection des enfants et protection de la vie privée doivent aller ensemble. »
Pour Yvan Verougstraete, le message doit être clair : les parents ont un rôle essentiel, mais ne peuvent être laissés seuls face à des services numériques conçus pour capter durablement l’attention des jeunes.
« Les familles doivent être accompagnées, pas transformées en garde-fous de plateformes qui refusent encore d’assumer pleinement leurs responsabilités. »
Porte-parole : Emmanuel Foulon