Défendre le marché européen : les Engagés appellent la Belgique à rejoindre l’initiative franco-allemande

La France et l’Allemagne proposent de donner à l’Union européenne un nouvel outil pour pouvoir restreindre rapidement l’accès au marché unique en cas de distorsions commerciales graves. Yvan Verougstraete, Eurodéputé et président des Engagés appelle la Belgique à soutenir cette initiative.

« Quand un pays fausse les règles du jeu, l’Europe doit pouvoir fermer la porte. Nous ne pouvons pas avoir un marché européen ouvert à tous et des entreprises européennes qui jouent les mains attachées dans le dos. La France et l’Allemagne proposent aujourd’hui de donner à l’Europe les moyens de se défendre. J’appelle le gouvernement belge à les rejoindre. »

Une nouvelle arme pour défendre le marché européen

Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont demandé hier à la Commission européenne de se doter d’un nouvel outil pour répondre rapidement lorsqu’un pays tiers fausse les règles du jeu. Dans les cas les plus graves, l’Europe pourrait aller jusqu’à restreindre l’accès de ce pays au marché européen. La Commission a salué cette proposition, qui doit maintenant être discutée avec les États membres.

Passer de la réaction à l’action

L’initiative franco-allemande intervient alors que plusieurs secteurs industriels européens font face à des distorsions de concurrence liées notamment aux subventions, aux surcapacités industrielles ou encore à des pratiques commerciales qui ne permettent pas une concurrence équitable.

« Le déséquilibre est particulièrement visible dans les échanges avec la Chine : le déficit commercial de l’Union européenne dépasse désormais un milliard d’euros par jour. »

L’objectif est précisément de sortir d’une logique où l’Europe ne peut réagir qu’après de longues procédures et sur des catégories de produits très ciblées. Paris et Berlin proposent de permettre à la Commission de lancer davantage d’enquêtes de sa propre initiative et d’examiner des secteurs entiers plutôt que de se limiter à certains produits.

Surtout, le mécanisme proposé changerait la logique de décision » Les mesures de la Commission pourraient entrer en vigueur sauf si une majorité qualifiée d’États membres s’y oppose. L’objectif est ainsi d’éviter que la lenteur décisionnelle ne prive l’Union de sa capacité d’action.

« Nous avons trop souvent demandé à nos entreprises d’être compétitives dans un monde où tout le monde ne joue pas avec les mêmes règles. L’Europe doit pouvoir répondre vite quand ses intérêts économiques sont attaqués. Sinon, notre marché de 450 millions de consommateurs devient notre faiblesse au lieu d’être notre force. »

La Belgique doit choisir son camp : celui d’une Europe qui se défend

Pour Yvan Verougstraete, la Belgique ne doit pas rester spectatrice de cette évolution.

« La Commission dispose déjà d’outils de défense commerciale, mais nous voyons bien leurs limites lorsqu’il faut répondre à des stratégies qui concernent des secteurs entiers. Cette proposition permettrait de changer de logique : ne plus attendre d’avoir subi pour réagir. »

« J’appelle la Belgique à soutenir cette évolution et à travailler à son adoption. »

L’objectif n’est pas de fermer l’Europe au commerce international. Il s’agit au contraire de donner à l’Union les moyens de négocier d’égal à égal et de garantir que l’accès au marché européen s’accompagne du respect de règles communes.

« Notre marché de 450 millions de consommateurs est notre première force de négociation. Il est temps que l’Europe soit capable de s’en servir » conclut Yvan Verougstraete.

Porte-parole : Emmanuel Foulon – 0032 497594186