Explication Selon un document de la Commission, celle-ci propose, dans le cadre de son prochain « Omnibus Food Safety », d’accorder une approbation sans limite de durée pour la majorité des substances actives utilisées dans les pesticides. « Pour le dire clairement : Aujourd’hui, ces substances doivent être réévaluées tous les dix ou quinze ans. Demain, elles pourraient l’être indéfiniment. Ce n’est pas de la simplification. C’est un renoncement de principe. Et c’est un recul en matière de science, de santé publique et de transparence » rajoute encore le Parlementaire européen, membre de la Commission ENVI.
Même si certaines exceptions sont prévues pour les substances dangereuses ou candidates à la substitution, le message est limpide: « l’Europe normalise l’usage des pesticides de synthèse et affaiblit le principe de réévaluation scientifique régulière. C’est exactement l’inverse de ce qu’elle devrait faire. »
« Ce projet arrive au moment même où les eurodeputés s’apprêtent à voter un texte ambitieux pour accélérer l’accès des biopesticides et des solutions de biocontrôle. Un texte que nous soutenons parce qu’il propose une transition réaliste, fondée sur des alternatives, alignée sur le principe du pas d’interdiction sans solution. » Quelques jours avant ce vote, la Commission décide pourtant d’élargir le tapis rouge pour les pesticides conventionnels. Ce choix mine la crédibilité de notre action. Il brouille nos objectifs et il jette une ombre sur le futur cadre d’innovation durable.
Nous ne pouvons accepter que l’Europe baisse la garde. Oui, il faut de la simplification. Oui, il faut de la clarté. Mais il faut aussi de la vigilance. La santé des sols, des producteurs et des consommateurs ne peut pas dépendre d’autorisations sans horizon et sans révision.
Yves Coppieters, Ministre wallon de la santé et de l’environnement n’est pas en reste : « Cette orientation est inquiétante. Alors que nous connaissons les effets de long terme des pesticides sur l’environnement, sur la santé humaine et sur la qualité de nos nappes phréatiques, l’Europe ne peut pas s’autoriser à baisser la garde. Les molécules de synthèse ne disparaissent jamais vraiment : elles s’accumulent dans les sols, migrent vers les captages d’eau, persistent dans les écosystèmes et finissent, tôt ou tard, dans nos organismes. »
« La Commission doit revoir sa copie. Nous avons besoin d’un cadre cohérent qui favorise la transition vers des solutions plus sûres, qui stimule l’innovation, qui protège nos agriculteurs, et qui préserve la confiance des Européens. Nous n’avons pas besoin d’un blanc-seing donné aux pesticides de synthèse pendant que nous essayons, dans le même temps, de renforcer le biocontrôle » concluent-ils.
Attaché de presse Les Engagés au Parlement européen :
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