Le chunyun s’étend sur quarante jours. Les autorités prévoient 9,5 milliards de déplacements à l’intérieur du pays. Trains, avions et autoroutes fonctionnent à saturation. Désormais, le réseau électrique fait lui aussi partie des infrastructures sous tension.
Environ 380 millions de ces trajets seront réalisés en voiture électrique. En 2024, la distance moyenne parcourue atteignait 509 kilomètres, impliquant au moins une recharge pour la plupart des conducteurs. La Chine dispose aujourd’hui de 71 500 stations de recharge le long de ses autoroutes, avec un ratio d’environ un chargeur public pour dix voitures électriques, contre un pour treize dans l’Union européenne et un pour trente-trois aux États-Unis.
En 2024, près de la moitié des voitures vendues en Chine sont électriques, contre environ un cinquième dans l’Union européenne et un dixième aux États-Unis. Gérer des millions de recharges simultanées suppose une coordination fine entre transport, énergie et numérique.
À travers ces 380 millions de trajets électriques, la Chine met à l’épreuve, à l’échelle d’un continent, un modèle de mobilité déjà installé. Pour l’Europe, l’enjeu est clair : la transition ne se joue pas seulement dans la vente de véhicules, mais dans la capacité à planifier des infrastructures robustes, interconnectées et résilientes. L’Union européenne doit accélérer ses investissements dans les réseaux de recharge, soutenir l’innovation industrielle et mieux coordonner ses politiques énergétiques.